Caractérisation du risque
Données statistiques récentes
Répartition par secteur d'activité
Évolution 1989–2012 (données Cnam)
La prévention du risque
L'identification de toutes les situations de travail exposant les salariés aux risques de chute doit intervenir le plus en amont possible. La démarche doit être conduite dès la conception de l'ouvrage, dès la conception des équipements, dans l'analyse du poste et du mode opératoire.
DMLT – Dossier de Maintenance des Lieux de Travail (pour les bâtiments recevant des travailleurs)
Les acteurs de la prévention
- Communique toutes les infos nécessaires dans le dossier d'AO
- Fait établir le PGC (si ≥2 entreprises ou risque particulier)
- Désigne le coordonnateur SPS
- Fait respecter les principes généraux de prévention
- Coopère avec le coordonnateur SPS en conception et réalisation
- Arrête les mesures générales de prévention
- Peut se voir confier certaines missions du MOA
- Désigné dès la conception de l'ouvrage
- Organise et gère les phases de co-activité
- Coordonne les besoins des "métiers du toit"
- Définit le cahier des charges pour le lot "échafaudages"
- Choisit les méthodes, moyens et techniques adaptés
- Établit le PPSPS (30 jours avant démarrage, art. R4532-56)
- Informe le MOA des sous-traitances éventuelles
- Obligation de résultat en matière de sécurité
Démarche de prévention — Ordre des priorités
Logigramme de choix de protection
Cas particulier : installation d'échafaudage et DICT
Si le montage, le démontage ou l'utilisation se fait à proximité d'un réseau : ligne électrique aérienne, ou qu'un ancrage, stabilisateur, appui ou terrassement peut impacter un ouvrage enterré, la DT/DICT est obligatoire.
(Déclaration de projet de travaux)
Objectif : savoir quels réseaux existent avant de préparer le chantier.
Analyse des réseaux présents
Choix du mode opératoire
Marquage / piquetage si nécessaire.
(Déclaration d'intention de commencement de travaux)
Objectif : prévenir que les travaux vont réellement démarrer.
Respecter les consignes de sécurité à proximité des réseaux pendant le montage, le démontage et l'utilisation de l'échafaudage.
Obligations de l'employeur
- Concevoir un lieu de travail sécurisé
- Utiliser les installations existantes si adaptées
- Modifier le lieu de travail de façon pérenne
- Mettre à disposition des équipements appropriés
- Former le personnel à l'utilisation des installations
- Informer sur les consignes de sécurité
- S'assurer de l'adéquation et de la conformité des moyens
Équipements permanents
Pour les équipements fixes des lieux de travail (bâtiments, installations, locaux techniques), la prévention des chutes nécessite une protection collective permanente et continue des zones de travail et de circulation.
Dispositif de protection collective le plus utilisé. Destinés à éviter les chutes de hauteur et à délimiter une zone dangereuse.
- Hauteur : entre 1 m et 1,10 m par rapport au plancher
- Composition : lisse supérieure + sous-lisse + plinthe
- Lisse supérieure servant éventuellement de main courante
- Rigides et fixés solidement
- Résistance aux efforts statiques et dynamiques
Les escaliers constituent l'équipement de référence pour répondre à l'obligation réglementaire d'utiliser un accès sécurisé.
| Paramètre | Valeur réglementaire |
|---|---|
| Hauteur garde-corps | 1 000 à 1 100 mm |
| Largeur minimale | 500 mm (marches) |
| Inclinaison | 20° à 45° |
| Marches par volée | 25 maximum |
| Formule de Blondel | 600 ≤ g + 2h ≤ 660 |
| Largeur palier | ≥ 2 300 mm en hauteur libre |
Utilisées uniquement en cas d'impossibilité de mise en place d'un escalier. Les échelles inclinées sont à privilégier.
| Caractéristique | Règle |
|---|---|
| Crinoline obligatoire dès | 3 m de dénivelé |
| Hauteur max / volée unique | 8 m |
| Hauteur max / volée (plusieurs volées) | 6 m |
| Largeur libre (crinoline) | 150 mm min (entre montant et crinoline) |
| Largeur entre montants | 300 mm max |
| Écartement barreaux | 225 à 300 mm |
Équipements temporaires
Équipements non mécanisés
Équipement composé d'éléments montés temporairement pour constituer des postes de travail en hauteur, permettant l'accès et l'acheminement des matériaux.
- Systèmes à cadres : appropriés aux échafaudages de façade
- Systèmes multidirectionnels / multiniveaux : ouvrages complexes, milieu industriel
Pour travaux de moindre envergure en façade, parois verticales ou plafond ne nécessitant pas un accès permanent.
Conçus pour que le plancher ne dépasse pas 2,50 m. Accès extérieur obligatoire si plateau < 2 m du sol.
Échafaudages à un seul niveau de travail, installés en encorbellement sur une paroi verticale. Constitués de consoles, plateaux et protections périphériques.
- Mise en place : PEMP ou dispositif adapté (sans EPI) en priorité
- En cas d'impossibilité technique : à partir de l'ouvrage support, EPI obligatoires accrochés à l'ouvrage
- Vigilance particulière sur la solidité du support et de la liaison
- 1 seul opérateur
- Plancher max 2,50 m du sol
- Travaux de second œuvre, nettoyage, entretien
- "PIR portable" si manutentionnable par l'opérateur seul
- Évolution du marchepied
- 1 seul opérateur
- Plancher max 1,50 m du sol
- Légères et compactes repliées
- Peuvent franchir ouvertures et escaliers
Dispositif le plus utilisé pour la protection des rives de dalle ou de toiture en pente en cours de travaux. Hauteur : 1 m à 1,10 m par rapport au plancher.
| Classe | Inclinaison du plan de travail | Résistance |
|---|---|---|
| Classe A | ≤ 10° avec l'horizontale | Appui d'une personne ou arrêt lors d'un déplacement horizontal |
| Classe B | < 30° (ou < 60° si hauteur de chute ≤ 2 m) | Idem classe A + interruption de chute en cas de glissade |
| Classe C | < 45° (ou < 60° si hauteur de chute ≤ 5 m) | Interruption de chute en cas de glissade sur surface de travail |
Dispositifs d'arrêt de chute (filets en grande nappe + filets sur console). Utilisés quand la protection collective passive est impossible.
La mise en place est une phase délicate nécessitant généralement une intervention en hauteur en dessous du plan de travail — à analyser avant le choix de l'équipement.
Dispositifs en couronnement d'échafaudages de pied. Plancher placé en contrebas de la rive de toiture (dénivelé 0,50 m à 1 m). Garde-corps surélevés avec remplissage en treillis métallique ou filet. Limité aux toitures dont l'inclinaison ne dépasse pas 60°.
Les échafaudages en console peuvent également servir de protection de bas de pente de toiture.
Équipements mécanisés
Élévation d'un poste de travail. Protection collective assurée par une nacelle avec garde-corps. L'utilisateur ne peut pas quitter la nacelle en élévation.
| 3 Types (selon commande de translation) | |
|---|---|
| Type 1 | Pas de translation du porteur si plate-forme en élévation |
| Type 2 | Translation commandée depuis le porteur (plate-forme en élévation) |
| Type 3 | Translation commandée depuis la plateforme |
| 2 Groupes (selon type d'élévation) | |
| Groupe A | Élévation verticale |
| Groupe B | Élévation multidirectionnelle — nacelle pouvant s'écarter horizontalement du châssis |
Plate-forme suspendue par câbles à des supports en partie haute de l'ouvrage. Destinée aux travaux de façade. Avantage : indépendante de la hauteur de l'ouvrage.
- Emporte des matériaux peu encombrants et de faible charge
- Usage principal : travaux de ravalement de façade
Plate-forme s'élevant le long d'un ou plusieurs mâts fixés à la façade. Capacité d'élévation importante permettant le stockage de matériaux et d'outillage.
- Certains modèles : plateformes extensibles en profondeur pour s'ajuster au profil de façade
Tableau récapitulatif des équipements
| Équipement | Hauteur max | Usage / particularités | Norme |
|---|---|---|---|
| Échafaudage de pied MDS | Sans limite (selon conception) | Façade, ouvrage industriel — montage sécurisé par définition | NF EN 12810 |
| Échafaudage roulant | 2,5 m à 12 m | Travaux ponctuels façade / plafond — ne pas déplacer avec personnel | NF EN 1004 |
| Échafaudage roulant faible hauteur | < 2,5 m | Second œuvre — accès extérieur si plateau < 2 m | NF P93-520 |
| PIR | 2,5 m | 1 opérateur — second œuvre, entretien | NF P93-352 |
| PIRL | 1,5 m | 1 opérateur — franchit ouvertures et escaliers | NF P93-353 |
| PEMP groupe A | Variable | Élévation verticale — 2 ou 3 pers. selon type | NF EN 280 |
| PEMP groupe B | Variable | Élévation multidirectionnelle | NF EN 280 |
| Filet de sécurité | Chute max 3 m | Arrêt de chute — ne remplace pas la protection active | NF EN 1263 |
| Garde-corps provisoire classe A | Plan ≤ 10° | Rives de dalle | NF EN 13374 |
| Garde-corps provisoire classe B | Plan < 30° | Toitures faiblement pentues | NF EN 13374 |
| Garde-corps provisoire classe C | Plan < 45° | Toitures pentues | NF EN 13374 |
Équipements de Protection Individuelle
Systèmes disponibles selon la configuration du poste
| Configuration du poste de travail | Système approprié |
|---|---|
| Plan de travail sans protection collective, suffisamment peu incliné pour travailler sans maintien complémentaire | Système d'arrêt de chute + Système de retenue |
| Poste nécessitant le maintien de l'opérateur pour assurer son équilibre durant le travail | Système de maintien au poste + Système d'arrêt de chute (simultanément) |
Composants d'un système EPI antichute
Dispositif de préhension du corps maintenant le porteur en position verticale durant la chute. Composants : bretelles, bavaroise, cuissardes, sangle sous-fessière, ancrage dorsal et sternal.
Doivent être sûrs : résistance suffisante pour empêcher la chute (retenue/maintien) ou arrêter et retenir en cas de chute. Peuvent nécessiter calculs et/ou essais préalables.
Éléments de liaison entre harnais et point d'ancrage (mousquetons, crochets). Tous les composants sont soumis au marquage CE.
Types de liaisons harnais — point d'ancrage
- Système léger, peu gênant
- Longueur maximale : 2 m (déplacements limités autour du point d'ancrage)
- Sur point d'ancrage fixe : absorbeur d'énergie obligatoire
- Sur ligne de vie horizontale : vérifier le tirant d'air en tenant compte de la déflexion du câble
- L'allongement de l'absorbeur lors de la chute nécessite un tirant d'air important
- Longe rétractable sur tambour avec blocage automatique en cas de chute
- Point d'ancrage à la verticale au-dessus : arrêt sur une distance très faible
- Longueur possible > 2 m → déplacements importants autorisés
- ⚠️ Déplacements horizontaux en rive : risque de balancement (effet pendulaire)
- Fonctionne dans un cône vertical de 30° maximum sous le point d'ancrage
- Ne garantit pas le blocage en cas d'utilisation à l'horizontale
- Support vertical : câble métallique, corde synthétique, rail métallique
- Coulisseau se déplaçant sans intervention manuelle (montée et descente)
- Blocage automatique en cas de chute
- Usage principal : progression le long d'échelles
- À utiliser à l'aplomb du point de fixation du support
- Le dispositif de connexion coulisseau-harnais ne peut pas être modifié
Le tirant d'air — concept clé
Le facteur de chute
Limite réglementaire sur la chute libre
| Situation | Effort sur le corps | Conformité |
|---|---|---|
| Chute libre 1 m sans absorbeur | ≈ 1 200 daN | ❌ Non conforme |
| Chute avec absorbeur d'énergie (NF EN 363) | ≤ 600 daN | ✅ Conforme |
Classes de points d'ancrage (NF EN 795)
| Classe | Description | Exemple |
|---|---|---|
| A1 | Ancres structurelles pour surfaces verticales, horizontales et inclinées | Anneau à vis dans béton ou bois |
| A2 | Ancres structurelles pour toits inclinés | Crochet de faîtage |
| B | Dispositifs d'ancrage provisoires transportables | Poutre transversale, clavette, trépied |
| D | Rails d'assurage horizontaux avec points mobiles | Ligne de vie sur rail |
| E | Ancres à corps mort | Lest sur toiture terrasse |
Compétences pour interventions en hauteur
L'intervention en hauteur doit être effectuée par une personne apte médicalement et ayant reçu une formation.
Aptitude médicale
Pour les travailleurs affectés au montage et démontage d'échafaudages. Visite médicale avant l'affectation au poste. Délivre une fiche d'aptitude au poste.
Pour les autres travaux en hauteur. Délivre une attestation de suivi (sans notion d'aptitude spécifique au poste).
Travaux interdits aux jeunes travailleurs (< 18 ans)
- Travaux en hauteur sur arbres et essences ligneuses (taille, élagage, haubanage)
- Montage et démontage d'échafaudages (dérogation possible inspection du travail dès 15 ans)
- Travaux temporaires en hauteur sans protection collective
Formation des intervenants
- Compréhension du plan de montage, démontage ou transformation
- Sécurité lors du montage, démontage ou transformation
- Mesures de prévention des risques de chute de personnes ou d'objets
- Mesures en cas de changement des conditions météorologiques
- Conditions d'efforts de structure admissibles
- Tout autre risque lié aux opérations de montage/démontage/transformation
Une attestation de compétences est délivrée par le chef d'entreprise (obligatoire pour monter, démonter, modifier ou exploiter). Le CQP Monteur d'échafaudages est l'une des voies de validation.
Seules sont habilitées à conduire une PEMP les personnes en possession d'une autorisation de conduite établie et délivrée par l'employeur (Art. R4323-55 à 57, arrêté 02/12/1998).
L'évaluation de l'opérateur prend en compte :
- Aptitude médicale
- Contrôle des connaissances et savoir-faire (conduite en sécurité)
- Connaissance des lieux et instructions du site
| R486 (depuis 2020) | R386 équivalent | Caractéristiques |
|---|---|---|
| A | 1A, 3A | Translation seulement en position transport — Élévation verticale |
| B | 1B, 3B | Translation seulement en position transport — Élévation multidirectionnelle |
| C | — | Conduite hors production (maintenance des catégories A et B) |
| Catégories 2 supprimées | Plus disponibles depuis 01/01/2020 | |
L'employeur doit informer les salariés sur :
- Les risques contre lesquels l'EPI protège
- Les conditions d'utilisation
- Les instructions et consignes de mise à disposition
La formation doit comprendre un entraînement au port de l'équipement et être renouvelée aussi souvent que nécessaire.
✅Vérification des équipements
L'employeur doit maintenir tous les équipements en état de conformité (Art. R4322-1) et déceler en temps utile toute détérioration susceptible de créer un danger (Art. R4322-2). Des vérifications initiales et périodiques sont réglementairement prévues (Art. R4323-22 à R4323-28).
| Équipement | Référence réglementaire | Vérifications périodiques | Conditions |
|---|---|---|---|
| Échafaudages | Arrêté 21/12/2004 |
|
Montage correct, adéquation, état avant première utilisation |
| Appareils de levage de personnes PEMP, plate-forme suspendue, plate-forme sur mât |
Arrêté 01/03/2004 modifié |
|
Bon montage, adéquation au travail, état de l'équipement |
| EPI contre les chutes | Art. R4323-99 à 103 Arrêté 19/03/1993 |
|
Déceler les défectuosités à l'origine de situations dangereuses |
Bonnes pratiques de vérification des EPI
- Respecter les conditions prévues par le responsable de mise sur le marché
- À l'abri de l'humidité, de la chaleur excessive et des UV
- Rangement individuel dans sac de protection
- Hors contact avec acides, solvants, huiles
- Vérifier le bon état de l'équipement
- Consulter le registre de sécurité
- S'assurer que les observations des vérifications périodiques ont été prises en compte
- Tout EPI ayant subi un arrêt de chute doit être retiré du service et vérifié par un spécialiste
Les résultats sont calculés. Vérifiez le récapitulatif, puis cliquez sur le bouton d'envoi.